Séminaires / 2007-2008
Singularité (2005/2006) Comment se manifestent les singularités sans se désingulariser ? Si la singularité n’épuise pas l’épiphanie, qu’est-ce que vivre en intimité les particularités, généralités, objets et autres événements ? Le référentiel ontos/topos/chronos/logos n’est-il pas organisé comme un vaste dispositif de réduction du singulier (voir à ce sujet les réflexions du héros de Thomas Man, Hans Castorp, dans La montagne magique) ? Si les catégories ne sont pas si originaires qu’on le dit et si le singulier n’est pas éprouvable comme tel, quelles sont les figures de médiation que nous pratiquons quotidiennement ? Collections (2006/2007) Qu’est-ce qui ferait de la collection un régime de prédilection pour la singularité se déployant ? Qu’est-ce qu’une collection figurale (au sens de Piaget) ? Comment les collections seraient-elles plus originaires que les objets/œuvres collectionnés ? En quoi nos collections, antéprédicatives et pré-catégorielles, en diraient davantage sur nos activités intimes que nos classes et nos catégories, ou que nos tas/amas/fatras ? Quelle serait la productivité des collections figurales étendues aux entités informatiques (finder non hiérarchique, fouille de données en collections, mondes virtuels …) ? Interrogation (2007/2008) Piaget, dans un effort pour rationaliser et différencier les catégories des collections figurales, dégage son fameux repère abstrait forme/espace-temps. Mais cette description n’épuise pas le phénomène que Bachelard (La poétique de l’espace) appelle la rêverie, à savoir l’invitation créative que nous adresse la présence à imaginer et à nous ressouvenir, aussitôt qu’elle scintille en collections (voir aussi Deleuze dans Proust et les signes). La collection émousse l’objet en nous faisant sentir qu’il est toujours déjà recollectionné et poétisé, sa catégorisation toujours hantée par d’autres attracteurs que la forme et l’espace-temps abstraits. Maintenir en présence est une activité créative qui ne s’en laisse imposer ni par l’absence formelle, ni par l’inactualité passée ou à venir. A peine relaxée la contrainte de rationalité, la présence retrouve sa densité saturée et s’ouvre (sans extériorité) pour englober le ressouvenir et la rêverie, estompant le privilège du maintenant et faisant aussitôt de l’absence une qualité particulière du présent. Les collections figurales ne cessent de se con-figurer, de se reconfigurer donc. Et c’est alors qu’une question s’impose tout à coup, sans prévenir et comme du cœur de la rêverie... Comment une interrogation ou un paradoxe traversent-ils soudainement la structure de la présence ? Comment la notion même d’événement s’en trouve-t-elle malmenée (Les miettes philosophiques de Kierkegaard) ? D’où vient la trouvaille qui s’impose, serendipity ou jaillissement traversant le plan de la configuration ? C’est ce que nous aimerions investir durant la saison prochaine du séminaire. Bibliographie Gaston Bachelard : La poétique de l’espace Lise Boily : Numérisation, Collections et Permutation
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