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ACQUISITION

Jean Michel BORDE 20190214

Acquisition mot d'origine latine (acquirere, acquisitio) dont la forme existe également en anglais avec un sens proche (procurement et e-procurement pour les marchés publics). Si le terme est souvent limité à la prise de possession d'un bien, par appropriation, il est intéressant de prendre en compte les acceptions voisines concernant l'immatériel comme la connaissance, par exemple.

Dans tous les cas, ce terme recouvre une notion procédurale supposant une démarche identifiée et définie par des objectifs. L'acquisition de connaissance se fait au long d'une démarche d'étude ou d'apprentissage. L'acquisition lente et graduelle d'une propriété légitime est autre chose que la conquête violente d'une propriété qu'on enlève.

L'homme qui s'enrichit par son industrie ou ses facultés apprend à mériter ce qu'il acquiert : celui qu'enrichit la spoliation ne devient que plus indigne de ce qu'il ravit. B. Constant, De l'Esprit de conquête et de l'usurpation,1813, p. 193.

Les modes d’appropriation sont souvent réglementés, faisant référence à des ressources cadres guidant les démarches concernées en étapes jalonnées de validations successives conduisant à des appréciations qualitatives, de favorables à défavorables. La démarche de prise de possession est souvent doublée d’une recherche d’efficacité ou d’appréciation comparative fondée sur de tels critères. Elle en devient, au fil du temps très normée et par là possiblement compliquée par les appuis qu’il est nécessaire de cumuler en vue de son aboutissement. En conséquence, l’acquisition, ses démarches et procédures cumulées sont structurantes en elles-mêmes des projets d’équipements qu’elles satisfont. Elles font l’objet d’attentions particulières et sont devenues depuis longtemps une discipline en soi d’application du droit. Dans des perspectives d’allégement, de facilitation, d’efficacité comme de qualité, l’acquisition est un vecteur fort de développement de la Norme technique au sens ou celle-ci factorise les qualités d’un bien, raccourcissant d’autant certaines étapes de procédures.

Le terme est à rapprocher de celui de quête d’origine latine différente (quaesita) au sens de recherche, l’acquisition pouvant difficilement s’accomplir sans accompagnement d’un effort de recherche, qui peut être de conséquent à lourd, mobilisant en profondeur plusieurs spécialités parfois. Cet effort peut être passif, analyse et appréciation de la concurrence des fournisseurs, ou actif, conduisant à des investigations liées qui peuvent être très profondes à l’aide de moyens lourds, laboratoires, universités, centres d’essais techniques ….

Dans le domaine public, les procédures d’achat, procurement en anglais, sont encadrées par des lois, surveillées attentivement par le législateur. Ce dernier répondant, par l’orientation de ses dispositions, des arbitrages liés aux budgets. Certaines formes d’acquisition se font sur le très long terme. Les infrastructures lourdes ont des impacts budgétaires qui s’étendent sur plusieurs dizaines d’années parfois. Elles demandent d’autant plus d’attention et de surveillance et favorisent le développement de corpus culturels spécialisés. Les principes d'acquisition se présentent comme plus raisonnés que ceux de la simple accumulation capitalistique car ils sont fondés sur des buts de profits précis autres que ceux de la finance seule. L'acquisition concoure au capital d'expérience qui enrichit celui de la connaissance, par analogie, l'assimilation résultante fait ici fonction de dividendes aux actionnaires. On peut souvent observer une bonification des cumuls d'expérience.

Avec le recul, le regard d'historien permet d’analyser les vertus ou les défauts de choix antérieurs, de les analyser et critiquer pour bénéficier en retour d’une expérience réutilisable concourante aux buts premiers de la démarche.

acquisition.txt · Dernière modification: 2022/01/09 10:40 de renan