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E-médiations Territoriales

contexte

CONTEXTE (RM HH)

(RM & HH)

Le contexte est défini par trois composantes, historique, sociétale et environnementale, elles constituent les structures élémentaires d'une ville. Cette sous-jacence territoriale tisse des chaînes signifiantes qui se sédimentent avec le temps, dessine les traits singuliers d'une culture locale, susceptibles de poser les linéaments d'un style d'écosystème socio-technique numérique mieux intégré au territoire et accepté par les populations qui l'habitent.

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Chaque contexte territorial est unique et forge l'identité d'une ville, d'un quartier, l' “esprit du lieu”, soit un ensemble de traits, de représentations, d'emblèmes ou de stigmates, collectivement partagés, quotidiennement actualisés, susceptibles d'influencer l’acceptation ou le refus d’un style socio-technique d'e-gouvernance et d'architecture numérique.

L'histoire singulière d'une ville et de son territoire permet d'expliquer son évolution et d'interpréter sa situation actuelle. Cette histoire peut être récente ou profonde, parfois mythique ou légendaire. Cette composante domine très souvent le déploiement d’un écosystème socio-technique numérique. Par exemple le déploiement organique de dynamiques aiguisées de e-démocratie dans une ville comme Bologne s'inscrit dans une tradition médiévale d'aménagement en arcades, qui était déjà vécu comme du gouvernement en réseau. Ou encore à Barcelone, le déploiement de plateformes pair à pair de défense des communs prolonge l'histoire politique d'une ville historiquement autogestionnaire. Notons que certains dispositifs d'e-médiation culturelle permettent une réactivation et réappropriation collective de l'histoire locale, de la partager, la scénariser, la transmettre et la transformer en un vecteur d’attractivité culturelle, économique, parfois aussi touristique, de fédérer les acteurs et de les impliquer dans une démarche active de passage du stigmate à l’emblème, à la valeur historique ajoutée. La réémergence et la reconnaissance collective de ces traits anthropologiques, historiques peuvent alors être intégrés en tant que composantes organiques d'un style de gouvernance et d'architecture numériques du territoire.

Cette capacité de décider collectivement de l'avenir d'un territoire est contrainte par deux autres composantes contextuelles, environnementale et sociétale, qui sont indépendantes de la volonté politique. Le contexte environnemental est défini par le climat, l'altitude, le relief, l'esthétique paysagère, une bioclimatique. L'art de découvrir ces sites propices au développement d'une ville est nommé Fengshui en Chine, Géomancie en Corée (P'ungsu), Vaatsu Shastra en Inde, Hippocrate mentionne aussi cet art dans son traité “Airs, Eaux, Lieux”. Certains dispositifs techniques numériques élaborés dans un contexte de climat froid s'avèrent in-transposables sous les tropiques. Les villes côtières peuvent être vulnérables aux tsunamis ou à l'élévation du niveau de la mer. Les villes majoritairement plates sont mieux adaptées aux aménagements cyclables urbains que celles qui sont vallonnées. Les villes construites sur des îles, des péninsules, dans des vallées peuvent être comparativement limitées en termes de croissance. C'est en raison de sa géographie, de ses fondations exceptionnellement profondes et dures, que Manhattan compte de nombreux bâtiments de grande hauteur.

Le contexte sociétal tient compte du fait qu'un couple ville-territoire est subordonné à, et subsumé par, une échelle territoriale supérieure : Etat-Nation, Fédération d'Etats. Ses marges d'action, de décision et l'orientation de son avenir sont délimitées par les systèmes juridiques, réglementaires mis en place à l'échelle gouvernementale supérieure et par l'étendue des pouvoirs qui lui ont été transférés. Notons que ce couple ville-territoire s'inscrit également dans un vaste réseau d'interdépendances territoriales beaucoup plus horizontales qui se sont diversifiées et intensifiées tant sur le plan des échanges de biens que sur celui de la circulation de l'information. La dimension sociétale tient également compte des questions culturelles, les Us et Coutumes, les valeurs qui dominent la sensibilité d'une population par exemple à l'égard de l'écologie, des liens intergénérationnels, des structures sociales plus ou moins inégalitaires, que le territoire linguistique soit relativement homogène ou fortement diversifié (synergique et multilingue ou à l’inverse d’affrontement interlinguistique et interculturels).

La plupart des villes œuvrent méthodologiquement et scientifiquement de manière harmonieuse afin d'aménager et de développer leur territoire. Elles peuvent ainsi apprendre les unes des autres et les solutions trouvées face à une difficulté urbaine, peuvent dans la plupart des cas être réutilisées ailleurs. L’expression numérique la plus codifiée et normalisée possible de ces diversités de contextes qui différencient une ville d’une autre, ses atouts, sa valeur ajouté, constituent une des premières tâche que devrait logiquement entreprendre une ville désirant devenir un Territoire Numérique. Pour des raisons de rentabilité évidente nombre d’offres de « Smart City » auront tendance à sous estimer cette étape ce qui aura pour conséquence, dans la concurrence et le concert synergique des réseaux de Territoires Numériques de ne pas favoriser l’expression numérique des avantages d’une ville et à l’inverse d’offrir (ou de faire payer) des services standards non adaptés à un contexte local particulier. Dans cet objectif, un schéma directeur numérique territorial doit examiner les solutions et les normes communes potentielles pour voir si elles s'intègrent correctement à son contexte historique, environnemental et sociétal. Tenir compte de ce contexte et mieux le traduire scientifiquement sont aujourd'hui deux enjeux majeurs d'une numérisation durable, démocratique et intégrée des territoires.

contexte.txt · Dernière modification: 2020/02/14 14:52 de renan