ORGANISATIONS AUTONOMES DECENTRALISEES
MQ 20191230
Une Organisation Autonome Décentralisée ou Decentralized Autonomous Organization (DAO) en anglais, peut être définie comme un système d’organisation autonome et décentralisé dont les règles de fonctionnement et de participation sont prévues par un contrat intelligent dans une blockchain.
Les DAO sont apparues avec la deuxième génération de blockchain, tout particulièrement avec la blockchain Ethereum qui a permis la généralisation des contrats intelligents, c’est-à-dire, des script autonomes fonctionnant sur blockchain. Il est à noter que le projet Ethereum n’utilise plus l’acronyme DAO pour désigner une Decentralized Autonomous Organization mais une Democratic Autonomous Organization, substituant ainsi la dimension participative à la dimension plus technique de décentralisation.
Une DAO s’appuie sur la création préalable de tokens, c’est-à-dire des unités de valeur secondaires ou non-originelles d’une blockchain. Une fois les tokens créés, il est possible de déployer un contrat intelligent pour définir leurs caractéristiques notamment les droits qui y sont attachés, y compris les droits de vote. Les contrats intelligents dont l’objet porte sur les droits de votes et le mode de gouvernance sont désignés sous l’appellation de DAO.
Les tokens liés à des DAO peuvent comporter d’autres droits que des droits de votes et par exemple donner des droits à rémunération, épisodique, comme pour des dividendes ou en cas de conservation des tokens sur une même adresse pendant une certaine durée. Dans ce cas, les tokens peuvent être qualifiés de produits financiers et leur émission dans le cadre d’une DAO nécessite de prendre en compte la réglementation applicable dans les pays concernés.
Les DAO permettent une grande flexibilité dans la fixation des règles de participation et un niveau de paramétrage élevé, notamment pour les modes de pondération des droits de votes. Une des caractéristiques des DAO est la transparence et la fiabilité de l’issue d’un scrutin, sans recours à un tiers de confiance. Les DAO permettent de configurer des mécanismes d’autogestion. Elles peuvent être utilisées pour réaliser des scrutins publics, des votes d’assemblées générales ou tout autre mode de participation. Des projets et groupes de développeurs mettent à disposition des contrat intelligents open source et des kits pour déployer facilement des DAO pour une pluralité de types d’organisations, c’est le cas par exemple du projet Aragon.
Les systèmes de DAO en tant que systèmes paramétrables et personnalisables se prêtent parfaitement aux mécanismes de démocratie liquide ou délégative fondés sur l’idée d’une flexibilité entre prise de position directe et transfert révocable de droits de vote à un délégué. Ces systèmes invitent à repenser les modes d’intermédiation et d’exercice de la gouvernance dans un monde d’inflation informationnelle, d’hyperpersonnalisation et de recherche de transparence.
En tant que contrats intelligents, les DAO sont des lignes de code informatique. Les DAO étant par principe fondées sur la transparence, leurs codes sont ouverts et accessibles à tous. Néanmoins, il convient de réaliser des audits de ces contrats intelligents pour limiter les failles de sécurité. Le projet « The DAO », emblématique des premiers développements dans ce domaine, avait pour ambition de permettre de voter pour le financement de projets blockchain. Mais le contrat intelligent permettant le fonctionnement de ce projet a été piraté en 2016 ce qui a fait douter la communauté naissante d’Ethereum de la pérennité du projet et donné lieu à une scission entre Ethereum et Ethereum Classic.