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E-médiations Territoriales

metamodele

MODÈLE DE DEVELOPPEMENT (RM)

Un modèle de développement territorial (MDT) peut être endogène c'est à dire co-construit localement, mais aussi exogène, élaboré ailleurs et importé. Un même Modèle référentiel pourra être endogène pour une communauté A sur un territoire X (une représentation au sens "théâtral") et exogène pour une communauté B sur un territoire Y (une représentation au sens "diplomatique"). La convenance* d’un modèle référentiel est intimement liée à son contexte*.

Le modèle dit « représentation-théâtrale », se rapproche de la co-construction BottomUp, agitée et vivante, dans laquelle, auteurs, acteurs et spectateurs (le tiers-inclus) sont selon la règle des trois unités de la tragédie, en situation de syntopie (même lieu), synchronie (même temporalité) et synstratie, inclus dans un projet. Ce collectif est pris dans un seul et même événement qui a lieu, dans une dynamique territorialisée de connaissance-projet générative d’une méthodologie analytique et d’une cartographie propre, où ce qui est modélisé joue le rôle d’un tenant-lieu de la réalité. L’extraction grammaticale, l’écriture puis l’inscription du modèle référentiel par une série d’essai-erreurs, obéit ici à une rhétorique scientifique : le collectif agit sur les mots et les concepts et convient collectivement de l'architecture du modèle pour le conformer à ce qu'il souhaite dire.

Le modèle dit « représentation-diplomatique » est passif, net et rationnel. C'est le modèle TopDown, vis à vis duquel auteurs et récepteurs sont en situation diatopique (lieu différent), diachronique (temporalité de mise en œuvre différente) et diastratique (un collectif face à un objet construit par un autre collectif). Le modèle agit comme une lettre d’accréditation qui exclut son représentant, tiers présumé transparent entre l’objet de connaissance à représenter et le récepteur, qui ne devrait trouver dans le modèle que le duplicata fidèle de l'objet représenté. Le modèle TopDown est une vicariance, un représentant de la représentation. L’infusion et l’inscription de ce modèle exogène aura tendance à nous faire agir sur les choses pour qu’elles conviennent à ce que l’architecture extérieure en dit. Le développement territorial obéit ici à une rhétorique à tendance mythidéologique, indécidable et infalsifiable.

Si nous filons les deux métaphores, les fonctions de la e-médiation territoriale sont alors multiples : aide à la co-écriture de la pièce de théâtre (GIT* et/ou Wiki*), mise en scène avec les acteurs, communication crossmedia pour informer et faire venir les spectateurs, assurer le système de gestion en terme de version et de mise à jour (SVG). Mais la e-médiation territoriale aura également pour fonction de réaliser une « captation » de la pièce de théâtre, moins vivante et dont on pourra faire circuler des copies, susceptibles d’être vues, partagées, échangées, appropriées ailleurs, sur un autre territoire une « vicariance ».

Si l’on se place dans le référent territorial récepteur de cette « vicariance », la e-médiation territoriale aura pour fonction de mettre en place les dispositifs socio-techniques nécessaires à recevoir les informations provenant de ce modèle exogène, qu'il soit imposé (TopDown) ou choisi (Pair à Pair), fonctions d’interprétation mais aussi d'extraction de certains concepts, idées, traits, susceptibles d’être adoptés localement. Devant tenir ces deux vecteurs orientés, d’infusion et de diffusion, d’un même modèle vers l’intérieur ET vers l’extérieur du territoire, la e-médiation territoriale devra alors tenir simultanément une activité de modélisation rationnelle, transparente et intelligible.

Dans la volonté que manifestent certains acteurs de modéliser ex-post un territoire et d'en dupliquer son modèle ailleurs (modèle des Districts*, ou des Clusters*), ils doivent prêter une grande attention à tout ce qui est supprimé, perdu en chemin vers l’épure. La pratique doit être attentive à ce que le modèle laisse de déchets au niveau de la chaîne métonymique, mais aussi ce qu’il ne réalise pas pleinement au niveau métaphorique. Autrement dit, il ne faut certes pas jeter le bébé, mais surtout garder l’eau du bain. Le contexte, que nous pouvons aussi appeler l’environnement génératif fusionnel du modèle (son environnement de production) est alors clairement à distinguer de l’environnement réceptif d’infusion du modèle.

Un troisième environnement en position méta pourrait dès lors être idéalement envisagé grâce aux TIC et à un dispositif d’e-médiation territoriale, qui autoriserait potentiellement des rapports de comparativité et de complémentarité entre territoires et entre modèles, un environnement potentiel de référence commun qui intègre l’environnement génératif ET l’environnement réceptif, et articulerait leurs différences théorico-pratiques sous une unité : mettre en commun des spécifications scientifico-techniques communes, socio-économiques, écologiques, qui ne dépendent pas d’une autorité centrale, comme préfiguration d’une modélisation distribuée, pair à pair. Une subsidiarité articulée à une pluralité décentralisée des usages, une « métamodélisation » qui autorise des relations de comparativité (paradigmatiques) et de complémentarité (syntagmatiques) territoriales. C'est dans ce sens que travaillent un certain nombre d'organisations de normalisation ou de standardisation qui tentent de définir notamment un Modèle Conceptuel de Données commun pour les “Villes,Territoires Durables et Communautés Intelligentes” (ISO TC268).

metamodele.txt · Dernière modification: 2020/04/27 12:53 de renan