La régie de donnée est une organisation sous la forme de plateforme technique permettant l'organisation, le partage, le traitement et le croisement des données. L'enjeu est pour chaque partie prenante de normaliser ses propres jeux de données pour une possible interopérabilité.
Pour que cette régie de données puisse fonctionner, un statut juridique est donc à définir pour la mise en œuvre des conditions d'acceptabilité de chaque partie. La régie et son organisation interne permettent l'émergence de nouveaux services et d'autres modèles économiques. La notion de régie de données associée à un territoire doit permettre d'élaborer des système de partage de données respectant l'équilibre entre les acteurs publics et privés, tout en favorisant le développement territorial.
La notion de tiers de confiance qui organise le partage des données entre les différents protagoniste (privés, publics et individuels) devient un acteur clé de la régie de donnée. La régie de donnée est donc une plateforme d’échanges de flux de données, comportant un système de traitement, d’enrichissement et de connexion. La particularité de cette approche réside dans un mode de gouvernance mixte (public, privé, individus) associé à des modèles économiques différenciés (selon le type d’acteurs, de flux, de services développés).
Pour les entreprises un des enjeux est de produire de l'interopérabilité, d'enrichir les données par le croisement, d'ouvrir des nouveaux marchés, et ainsi développer des services et des modèles économiques.
Pour les territoires, l'enjeu réside dans l'accompagnement de l’innovation et la production de services, et de maîtriser ainsi les effets d’externalités produites par l’“open data”.
Pour les usagers, cela permet d'accéder à des services optimisés et personnalisés et d'avoir la garantie d’un usage éthique et sécurisé des données personnelles.
Un des premiers enjeux est de favoriser la maturation du marché de partage des données. Pour cela, il est nécessaire d'approfondir la culture de la donnée (démystifier la donnée, notion circulaire des données, qualité et confiance, notion de « publics »). Le deuxième enjeux réside dans l'évolution de la notion de services publics. En effet les rapports de force évoluent entre les usagers et les services publics, dès lors qu'elle est la place pour la donnée dans la coproduction de services et qu'elle stratégie déployer. Coproduire des services dans ce cadre tend à valoriser la donnée par l'usage, c'est à dire par une valeur opérationnelle. La valeur est du côté des protagonistes, ce qui tend à une valeur “prospective”. Cependant subsiste des tensions entre un modèle “propriétaire” et un modèle de “données ouvertes”. La question du modèle économique reste posée (“Pay as you grow”, “as you are”, “as you use”…)