RM 2020048
Le projet des Nations Unies, Interface Ontologique pour les Objectifs du Développement Durable (SDGIO en anglais) permet aux entités (objets/concepts) pertinentes des Objectifs du Développement Durables (ODD) d'être logiquement représentées et définies sous diverses facettes, mais aussi interconnectées et mises en correspondance avec la terminologie définie dans d’autres glossaires et ressources officielles.
Ce projet vise à clarifier la nature des entités (objets/concepts) référencées par les ODD, leurs objectifs, leurs indicateurs, ainsi que leurs liens, telles que les entités juridiques, les politiques sociales, les systèmes économiques, l'équité et les droits de l'homme, les écosystèmes et la biodiversité, les infrastructures, la santé publique et l'éducation. L'ontologie pourra être exploitée pour découvrir tous les termes et définitions nécessaires, leurs relations de manière hiérarchique avec des liens formalisés, établis entre les termes de niveau inférieur de cette hiérarchie. Ce modèle sémantique ne changera pas la façon dont les langues, les territoires ou les États, conceptualisent la compréhension de certains termes, mais crée au contraire un moyen de représenter cette diversité culturelle de définitions. Il permet ainsi de rendre compte de cette diversité d'utilisation de manière transparente auprès des utilisateurs, qui cherchent des données pertinentes en lien avec les indicateurs*.
En tant que modèle sémantique représentant la connaissance d’un domaine particulier d'investigation, l'ontologie pour les ODD vise à créer un « pont sémantique » entre les entités (objets/concepts) référencées par les ODD (objectifs et indicateurs) et le large éventail d'entités (objets/concepts) auxquelles ils se réfèrent. Pour ce faire elle importe les classes d'ontologies déjà existantes (ENVO environnement, CHEBI produits chimiques, OBI recherche biomédicale, OBO Open Biological and Biomedical Ontologies, PCO populations et communautés etc.) et relie leurs données et informations aux ODD en opérant un alignement avec des vocabulaires, tels que le GEneral Multilingual Environmental Thesaurus (GEMET). De nouvelles classes sont définies et publiées lorsqu'il n'existe pas de classe pré-existante, afin de pouvoir y intégrer certaines données et informations, par exemple aucune ontologie n'existait pour les « Droits de l'Homme » ou pour les « Mesures Financières ».
Un aspect important de la méthodologie, réside dans le travail collaboratif qui consiste à recueillir les annotations d’utilisateurs, les commentaires des experts des domaines concernés entourant les ODD afin de mieux en refléter les différentes facettes, leurs variations dans le temps et dans l’espace. Les efforts collectifs sont ainsi guidés pour affiner progressivement la sémantique. Cette méthode ambitieuse de représentation des données cherche ainsi à tenir simultanément précision, cohérence, consensus et interopérabilité.
Ce modèle sémantique permettra notamment,
- aux chercheurs d’être en mesure de déterminer si les informations alignées avec d’autres balises de données correspondent à leurs besoins d'évaluation ;
- aux statisticiens de l'ONU de trouver l’aide nécessaire pour étiqueter leurs données en utilisant des termes de l'ontologie (en plus des métadonnées “provenance”, “localisation géographique”, etc.);
- de montrer comment des données hétérogènes (recouvrant plusieurs objectifs et cibles) sont néanmoins liées entre-elles autour de thèmes communs, jusqu’alors cachés ou sous-jacents, et susceptibles de devenir particulièrement signifiants à l’échelon global.
Concernant ce dernier point, les méthodes de compréhension par les machines sont vouées à jouer un rôle particulièrement pertinent de réinterprétation d'informations et de données, correctement structurées grâce au modèle sémantique dynamique élaboré collectivement, soulignant une fois encore toute la place de l'intelligence collective humaine dans les méthode d'analyse en tandem Homme-Machine.