(GBN)
L’« approche systémique » (AS) qualifie une certaine attitude face à l’analyse d’une situation et à la recherche d’une solution appropriée. Elle tire son origine des connaissances issues de l’étude des «systèmes» (Systémique). Elle est en rupture avec les pratiques traditionnelles basées sur les préceptes analytiques cartésiens, qui préconisent un processus linéaire et successif, et construite sur une approche raisonnée de la complexité opérant par itérations progressives.
Historiquement elle prend corps avec les travaux théoriques et fondateurs du biologiste Bertallanfy puis d’Odum sur l’écologie mais a surtout été vulgarisée par le rapport Meadows qui s’est appuyé sur les modélisations « Urban dynamics » prônées par Forrester. Et en ce sens l'AS s’inscrit totalement dans la trajectoire du développement durable.
L’AS en tant que démarche méthodologique se pratique suivant deux perspectives orthogonales.
D’un point de vue synchronique il s’agit face à un problème posé d’opérer par cycles de quatre étapes : (i) analyse du contexte et définition d’un périmètre concerné, (ii) inscription dans un cadre théorique qui puisse contribuer à expliquer la situation, (iii) construction alors d’une réponse appropriée et (iiii) vérification de l’adéquation de la solution. Dans l’affirmative il est alors possible de disposer d’une réponse dite satisfaisante sinon il est nécessaire d’entreprendre une nouvelle itération.
Dans une démarche diachronique l’idée est de chercher à optimiser une trajectoire pour atteindre un objectif mais ce de manière progressive. Le principe est de considérer la désignation de la cible comme transitoire car elle va se préciser au fur et à mesure des acquis obtenus et l’angle de visée va s’infléchir à chaque étape de la progression.
Ces deux configurations opératoires sont en partie distinctes de la stricte approche modélisatrice initiale et s’appuient sur les travaux ultérieurs produits au titre de l’analyse systémique de la complexité. Mais elles traduisent finalement une appropriation lente de deux principes essentiels exprimés pourtant dés les années 70.
1- Toute situation se définit d’abord comme un système complexe dont les facteurs sont en interactions multiples. Elle correspond à un niveau de fonctionnement dont il faut rechercher un état d’équilibre le plus stable possible en ajustant les différents paramètres mobilisables.
2- Le niveau de complexité est d’abord relatif à la capacité de représentation de chaque acteur puisque chacun d’entre eux est aussi un interacteur (« l’observacteur »). Apporter un changement proactif dans une situation repose ainsi sur l’agilité à utiliser des outils de modélisation conceptuelle permettant d’anticiper des décisions et d’instruire en conséquence les arbitrages.
Ainsi pour être maîtrisée toute action engagée en AS est considérée comme temporaire et demande à être constamment adaptée à son environnement. Et cette agilité nécessaire oblige parfois à sortir de sa zone de confort…